Expression de l’Opposition
La 1ère décision du Maire : augmenter son indemnité de fonction de 46% !
Dès son premier Conseil municipal, Mme le Maire a fait un choix lourd de sens : augmenter son indemnité de fonction de 46 % par rapport aux mandats précédents, soit près de 900 € supplémentaires par mois, frôlant ainsi le niveau maximum autorisé.
Elle représente une hausse de plus de 10 000 € par an des dépenses de fonctionnement de la commune. Dans un contexte où chaque euro public compte, un tel choix n’est pas anodin.
En réponse à nos interrogations, Mme le Maire a invoqué son « droit de le faire » et évoqué l’absence d’autres indemnités ainsi que la possibilité de réduire, voire de quitter son activité professionnelle.
Personne ne nie ici l’engagement que représente un mandat local : le sujet, c’est l’ampleur de l’augmentation, et le signal qu’elle envoie.
Être dans le cadre légal ne rend pas une décision juste ou opportune. La question est politique : ce choix est-il mesuré et cohérent ?
Un mandat n’est pas un emploi. L’indemnité de fonction n’est pas un salaire destiné à compenser une situation personnelle. Elle vise à couvrir les contraintes et les responsabilités liées à l’exercice du mandat, dans un cadre défini par la loi : celles-ci ont-elles évolué à ce point par rapport à celles exercées par les prédécesseurs pour justifier une telle progression ?
D’autant qu’à cette indemnité de Maire va s’ajouter celle liée à une nouvelle fonction de viceprésidence à la Communauté de Communes de l’Aire Cantilienne votée depuis en Conseil Communautaire le 7 avril, portant ainsi l’indemnité globale perçue par Mme le Maire à environ 3 500 € mensuels.
Dans le même temps, le nombre d’adjoints a été réduit et leurs indemnités diminuées. Ce choix interroge : réduire la collégialité en concentrant les moyens sur l’indemnité du Maire est-il le meilleur moyen de servir les cantiliens ?
Face à cette décision, notre groupe a exprimé son opposition. Le silence de la majorité municipale, qui a approuvé cette mesure sans réserve, nous interpelle.
Pendant la campagne, la promesse a été faite aux électeurs de « faire de la politique autrement ».
À nos yeux, l’exemplarité impose autre chose : de la progressivité et une forme de retenue. C’est sur ce point que nous divergeons. Cette première décision envoie un signal bien différent.
À l’heure où certains élus font le choix de la modération, voire du renoncement à leurs indemnités, cette forte augmentation apparaît en décalage avec les exigences d’exemplarité et de sobriété dans la gestion de l’argent public.
Elle donne le ton et appelle chacun à s’interroger : l’intérêt général est-il placé au coeur des priorités ?